Skip to content

Résistance !

22 février 2014

 

« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons.
Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols, et j’ai entendu de jolis mots à la Prud’homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre.
C’est la haine que l’on porte au bédouin, à l’hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m’exaspèrent.
Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »

G. Flaubert, lettre à George Sand, Croisset, vers le 15 juin 1867

 

Chez eux, à Grasse, dans le « dernier squat connu des AM », c’est coquet, propre, bien rangé : rideaux, couvre-lits colorées, napperons, bibelots… Bon pas trop mon style mais sympa.

Et les gens ? Pas ma culture, c’est vrai, j’ai parfois du mal à comprendre comment ils fonctionnent. Et du coup le dialogue est parfois difficile. Mais en quoi suis-je mieux qu’eux ? Quelle différence entre Rosa et moi ? Et leurs gosses dans nos écoles ? Quelle place pour eux ? Eux qui sont le ciment qui peut relier nos mondes. Eux qui sont l’avenir de leur peuple et aussi du nôtre, parmi NOS enfants (fils, filles, petits-fils, arrières petites-filles d’immigrés de tous horizons , ah bon, pas vous ? Moi si, mon mec aussi.)

Certaines familles se voient proposer une aide à l’intégration : logement social (« J’ai de l’eau chaude ! Je peux même prendre une douche avec l’eau chaude ! », dixit une princesse de 9 ans.), aide à la formation etc…. Une poignée de familles des AM a été choisie parmi les volontaires. Mais la grand-mère qui vivait avec fils, bru et petits enfants au squat ?… pas de place pour elle. Idem pour le fils de 20 ans. Il est majeur, ne fait plus partie de la famille nucléaire stricte. Con pour lui, il était à deux doigts de trouver un stage et il lui fallait une adresse « vraie ». Dur non ? Ces 2 là, le jeune et la vieille, peuvent passer dans la journée, mais ne doivent plus être là après 22h. Humanité… humanité?

Le truc, c’est que ceux qui ne sont pas relogés, risquent d’être expulsés du squat par les forces de l’ordre. Du jour au lendemain. Et où iront-ils ? …. squatter ailleurs, rejoindre des camps de fortune, en laissant le peu qu’ils possèdent derrière eux (non, ils ne roulent pas en BMW etc, etc. )

Là, ils sont dans une vieille maison avec des murs, un toit, des portes et des fenêtres, un raccordement (certes pas très aux normes) à l’électricité, l’eau courante (même si elle n’est pas chaude mais plutôt très fraiche), des sanitaires (sommaires ok, mais sanitaires quand même). La baraque ? Elle appartient à l’État et les travaux de mise en conformité coûteraient beaucoup moins cher que expulsions, primes au retour, billets d’avions (pour des gens qui, pour la plupart, reviendront de toutes les façons).

Alors merde, pourquoi tant de haine ?

RESF 06 Pays de Grasse

 

Publicités
5 commentaires leave one →
  1. 22 février 2014 12:36

    Parce que l’homme est souvent haineux de ce qui n’est pas lui dont il voudrait croire – on se rassure comme on peut – qu’il est plus que l’autre.
    Je suis bretonne, je porte un nom corse, je vis à proximité immédiate du Pays Basque. J’ai souvent entendu : « vous n’êtes pas d’ici vous ». Pas toujours péroratif mais souvent. Quand nous sommes arrivés, mes kids étaient petits, nous nous sommes immédiatement portés volontaires à la mise en place des stands voués à la fête de l’école. Et nous sommes restés dans notre coin de cour. Pas un pas, pas un sourire, de la défiance (timidité ?) C’est dire…
    Bon, ne pas généraliser non plus.
    Je ne suis pas mieux, l’autre n’est pas pire 🙂

  2. 22 février 2014 18:39

    Résistance, c’est le mot. Et revendiqué les droits humains que « l’homme » a si bien vôté.

    Etait encore en classe pour l’Unicef récemment, dans une école qui accueille des enfants réfugiés, ils étaient nombreux – « primo-arrivants » comme on les nomme. Des enfants, comme les autres et « des peurs en plus »…

    • 23 février 2014 10:53

      Tu as raison « des peurs en plus ». V.iolence faite aux enfants que nous leur imposons

  3. 23 février 2014 20:21

    Ah ! l’autre !

À vous ! Un mot ou deux, trois ou quatre et même plus... !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :