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« Et toi mon cœur pourquoi bats-tu ? »

8 mai 2013

L’an dernier, « notre besoin de consolation », émotion, réflexion. moments délicats.

Vendredi soir, « lendemains de fête ».

Coup de poing. Cul vissé au fauteuil à la fin de la représentation. Pas pu rester à la rencontre après. Pourtant, j’aime ces moments de dialogue avec ceux qui étaient sur la scène.

Trop frais. Émotions à vif. Un texte, une mise en scène, le jeu des comédiens télescopent la réalité.  Mon père. Même prénom que le vieil homme incarné sur scène. Dégringolade des derniers mois. Et là, impression de le voir se débattre sur la scène. Se perdre et se retrouver. Chercher son chemin dans le labyrinthe de sa mémoire massacrée. A la recherche de mains, de sourires auxquels s’accrocher pour ralentir le naufrage, pour ne pas sombrer totalement. Mais regards et souvenirs se croisent entre passé et présent. Ne restent que quelques rares moments de « maintenant » quand l’émotion est là, quand la sensualité est plus forte que l’oubli qui submerge. Détresse de Marie aussi. Amour inconditionnel de la vie. Quand leurs corps se souviennent et s’agrippent l’un à l’autre. Et pourtant… Marie qui siffle… Beauté sauvage et crue de la mise en scène, violence et douceur mêlées, sensualité primitive qui jaillit et appelle de nouvelles caresses.

En retour dans ma tête, les sifflements de mon père.

Fascinée, bouleversée, chamboulée… heureuse d’avoir été là, vissée sur mon fauteuil.

Envie de dire merci aux cambrioleurs !
 

aff-lendemain_de_feteUn passage par le site du photographe William Ropp

 

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Il  s’absente
de plus en plus loin
de plus en plus longtemps
Il part
dans le dedans de sa tête
Il erre
se terre
dans les méandres
de ses pensées déstructurées
Il se perd
entre les mots
ne sait plus lequel choisir
oublie qu’il le cherchait
Il veut
voir sa mère et son père
Dis, elle va venir me voir maman ? 

 

Il y a aussi de bons moments. Quand le rire est au rendez-vous. Quand je me permets d’entrer dans ses élucubrations, délicatement pour ne pas déranger l’équilibre instable de quelques secondes de cohérence inventée. Quand on joue à la bagarre à coup de fausses baffes et de bras de fer dont il sort toujours gagnant. Quand il me présente fièrement à d’autres autour de lui : « c’est ma fille ! »

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4 commentaires leave one →
  1. 8 mai 2013 14:08

    Très beau texte, qui me rappelle ma grand-mère, alzheimer elle aussi…
    Dommage, la vidéo est privée.
    C’est fort ! Merci pour ce partage.

    • 8 mai 2013 14:21

      Merci du passage. (La video est maintenant en ligne, juste une petite erreur de ma part!) 🙂

  2. 8 mai 2013 21:49

    Vidéo bouleversante.

  3. snake0644 permalink
    11 mai 2013 14:54

    Que dire de plus ?

À vous ! Un mot ou deux, trois ou quatre et même plus... !

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