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Mister monster, objet théâtral non conventionnel

17 avril 2011

Décapant…

J’y suis allée avec un bourdon énorme, j’en suis sortie avec de l’air dans la tête et les poumons, avec envie de sourire et de rire. Envie de dire merci aux gens géniaux qui ont pondu cette pièce, qui l’ont jouée, mise en scène, en lumière et en sons. Magie du spectacle qui dérange, décoiffe, surprend, gêne, bouscule… Magie.

La présentation sur le site du Théâtre de Grasse… Mais elle ne reflète pas le quart de la moitié de ce qu’est ce spectacle fabuleux !

Le gars qui a pondu ça, c’est Philippe Eustachon avec son comparse, Jambenoix Mollet, un des fondateurs de la Cie Anomalie. Ils avaient déjà pondu « le Grand Nain » il y a 2 ou 3 ans. Un spectacle absolument extraordinaire autour du mythe de Robinson.

Voici une présentation vidéo. Tout au plus, laisse t-elle deviner quelques unes des ambiances. Mais à peine. À peine.

Et puis le soir du  spectacle.

Sur scène : d’abord, c’est le silence, à part quelques rires et dialogues chuchotés, vaguement perçus par mes oreilles. Trois personnages du conte ancien : un roi, son conseiller ?, la princesse enceinte. Visages grimaçants. Quelques rires. Puis une femme répudiée. Et une femme qui accouche dans la partie forêt de la scène. Scène partagée entre le devant de scène lumière, univers montré, poli, conventionné et conventionnel et la deuxième partie, la plus grande, ombres, lianes, obstacles, lumières qui laissent deviner souvent mais ne montrent jamais complètement. Elle accouche de jumeaux, Valentin et Orson, l’un sera dans la part lumière, l’autre sera le double enfoui, caché au fond de la forêt, le sauvage.

Valentin et Orson sur Wikipedia

et sur le site de la BNF (Bibliothèque nationale de France)

Dans la salle : des rires gênés, des soupirs, des gens qui parlent pour meubler l’absence de dialogue qui dure…. Le premier mot ? « cadeau » lorsqu’un des personnages arrivant en visite offre un cygne à ses hôtes. « Cadeau ». La pièce est un cadeau. Mais on sent déjà ceux qui n’accrocheront pas.  Ils ont fermés les écoutilles. Une trentaine de personnes (?) quittera la salle à différents moments du spectacle. Et il y a ceux qui se laissent embarquer mais qui y vont à reculons. Moi, parfois, je me demande ce que je fais là… au début, au tout début. Et puis, tout paraît tellement décalé, que je me dis que même si par hasard, cela ne me « plaît » pas, je n’aurai pas perdu mon temps. Je sens mon doux monsieur dans un état de réception relativement proche du mien. et en quelques instants, quelques minutes, je suis dedans.

Et  je me régale. Il y a quelque chose d’infiniment jouissif dans les différents aller-retours de la lumière à l’ombre. Où même la peur et l’angoisse permettent de lâcher les amarres avec le monde blanc et aseptisé. Et de plonger dans le primitif, le primal, le primordial . Jouissif.

La suite, je n’arriverai pas à raconter.  Quelques impressions ? le chaos, la propreté qui met mal à l’aise, la lumière qui fausse tout, les passages d’un espace à l’autre , du blanc au noir, de l’un à son double, du poli au sauvage, de l’angoisse à la libération instinctive, du désir refoulé à la déferlante orgiaque, de la musique un rien angoissante à la musique déjantée, de la forêt primale qui fout les jetons à la forêt magique qui attire ou peut-être est-ce l’inverse ?… Et la limite se fait parfois floue, parfois, un univers pénètre l’autre. Chaos.

Un lien vers un site « Les Subsistances » sur lequel j’ai trouvé un article qui permet d’approcher un peu cet objet théâtral non conventionnel. Avec 2 interviews vidéos de Philippe Eustachon et de Jambenoix Mollet.

Fin du spectacle. Une partie des spectateurs restent là à attendre de pouvoir sortir. Sans applaudir. Et l’autre moitié applaudit, rappelle, est encore dedans. À côté de moi, mon monsieur. Il est dans un état semblable au mien. Yeux encore écarquillés, oreilles bourdonnantes, respiration calée sur le rythme du spectacle. À mon autre côté, un dame et son monsieur à elle. Cela fait trois bons quarts d’heure que monsieur attend la fin en commentant l’heure de sa montre régulièrement et que madame pince sans doute les lèvres très fort pour ne pas vomir tant elle semble écœurée. Ils n’applaudissent pas. Culs serrés et regards fixes. Puis je sens que monsieur remue sur son siège. Un coup d’œil rapide à sadame et au nième rappel, il risque quelques applaudissements. Comme à regret. Pourtant il applaudit quand même avec pas mal de culpabilité… Étrange !

Je ne vous parle même pas des performances physiques des différents acteurs…

Et grandiose, après le spectacle, rencontre entre la poignée de spectateurs restants et les gens de la Cie. Grandiose. J’ai pu leur dire merci.

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